EPISODE 10

 

 

10-LE DAVIDOFF DE L' AMITIÉ 

 

....Ce petit monde nous suivait lors de soirées à thèmes extérieures, nous avions nos courtisans, nous avions notre cour. 

 

 

 

 

Un jour de grosse tempête de neige la famille resta confinée dans le chalet. 

Tout ce petit monde avait une addiction aux nouvelles technologies effarante, accrochés constamment à leur tablette, ils étaient confortablement installés dans les grands sofas poltrona auprès des cheminées.

Ils trouvaient le temps beaucoup trop long.

Monsieur s'était retiré dans le bureau-fumoir sélectionnant et fumant des cigares qu'il ne finissait jamais, il travaillait beaucoup, il me proposa un château margaux de Davidoff, je le fumais à la cubaine assis à ses côtés buvant un vieux rhum ambré.

Je lui demandais s'il lui serrait agréable que j'organise un atelier crêpes suzettes et d'un chocolat à la cannelle pour animer l'après-midi neigeuse. 

La préparation de la recette était précise et obéissait à une méthodologie presque scientifique compte tenue des ingrédients, sans gluten, sans lactose, j'avais fait incorporer les blancs d'œufs battus en neige.

Tout le monde s'investi autour de la préparation de la recette, pour les flambages, surtout pour les déguster, les crêpes ressemblaient à une sorte de pancakes mais gonflés.

L'atelier eut un succès dans le monde entier via la toile, et un succès particulier auprès du pressing du village. 

Je remis de l'ordre dans les salons après le départ des enfants et de leurs amis, je découvrais derrière un canapé deux grandes marionnettes égarées qui se mirent à vociférer et à m'insulter en Anglais "fuck you haas hole" ! Monsieur assis au fumoir m'apostropha " vous vous en sortez Jules ?" Un fou rire nous envahit, cet événement me rapprocha de ce monsieur qui ne s'étonnait de rien venant de ses enfants.

 moi: je me résignais pensant : "o tempores o mores" !

 

Tous les matins les cheminées étaient allumées par  une garde-chandelle désignée pour être la vestale de service, recevoir les stères de bois, alimenter tous les âtres de la maison.

Au retour des pistes elle était dans la ski-room à la disposition de nos hôtes, pour la déchausse, mettre à sécher les chaussures, les vêtements et farder les skis.

 

Tous les soirs, pour l'apéritif les femmes de la famille et leurs amies descendaient toutes habillées élégamment, toutes ces jolies filles et femmes jouaient un rôle de top modèle, tous les soirs c'était un défilé de mode de grand couturier auxquels nous assistions émerveillés.

Les jumeaux près-adolescents, les cousins,  jouaient avec des grands  poupons sortes de bigs muppet à l'effigie de célèbres personnages de BD bavardes et surprenantes.

 

Toute la famille avait la phobie des microbes, des virus, de la saleté et de la poussière, j'étais particulièrement vigilant avec la gouvernante sur la tenue du chalet, particulièrement au moment de la couverture.

On soignait particulièrement la literie, on repassait les taies d'oreillers et les pyjamas tous les soirs, on passait une brosse adhésive pour retirer tous les poils et cheveux, enfin on passait le fer tiède pour enlever tout plis. 

 

Une fois par semaine nous organisions une raclette, une fondue, ou un barbecue de volailles à l'extérieur dans un chalet particulier que j'avais déniché en pleine montagne.

Nous y accédions en plusieurs étapes sur des engins à neige montés sur chenillettes; c'était toutes les fois une expédition pour y aller et pour en revenir, mais c'était toujours une fête.

Lors de la descente les moniteurs et les surdoués de la glisse nous escortaient avec des flambeaux et des feux de bengale.

 

Un jour de courses matinales notre fournisseur ravi et inquiet à la fois, osa le troisième jour suggérer à monsieur de mieux planifier ses désirs et achats pour un meilleur et pour un plus efficace service, j'ai bien cru qu'il allait être fusillé ! En tout cas il le fut du regard.

Le boss lui répondit "Monsieur gouverner c'est prévoir à vous de de nous fournir et de vous fournir" ce jour-là le commerçant faillit perdre un gros chiffre d'affaire. Tous nos fournisseurs devaient impérativement nous livrer au chalet dans l'heure.

The mystery Butler | Jules mountbrion

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