" Le chalet de Mamie "

Résumé de la fin de l’épisode précédent 
 
Nous ouvrîmes le mini bar et nous trinquâmes déraisonnablement au monocouille .
Descendus pour le petit déjeuner on riait toujours, nous étions encore légèrement pompette ce qui inquiétait le restant de la famille qui ne comprenait rien et pour cause.
Depuis cette exploration intime, j’étais toujours sur mes gardes, lorsque j’étais en sa compagnie, j’étais prêt à tout,  je me disais : que va-t-il me sortir ? 
À quelle sauce serais-je mangé ? 
 
Sur la pierre tombale nœunœuf fit inscrire : «disparu lors d’un du dernier vol de reconnaissance »

Episode 4

17- Les couilles du taureau 
 
Son épouse me disait qu’elle avait fait un mariage d’amour. « J’étais une jeune suissesse, en quête d’aventure. 
J’assistais à une présentation aérienne, c’était un quatorze juillet. Dés  qu’il est descendu de son avion il est venu saluer le public, j’ai croisé son regard, ses yeux en amandes, son épaisse chevelure, j’ai craqué pour l’uniforme et pour l’homme. 
Deux après, naissait notre fils. À la même époque un petit caporal allait essayer de mettre le monde sous sa botte et de tenter de l’incendier  ».
 
Figurez-vous que madame avait un fantasme particulièrement particulier: elle communiquait enfin, elle parlait aux « toros ». 
Elle aimait particulièrement (mais en cachette) caresser les deux testicules de ces bêtes à cornes. 
Vous découvrirez sans doute plus après, et avant,  les raisons  de cette passion.
C’est ainsi que je découvris l’un de ses secret bien particulier. Lorsqu’elle partagea avec moi cette passion ‘’attouchante’’ j’éclatais de rire. « Tu comprends ils se laissaient faire alors que mon mari aimait pratiquer un vite fait bien fait avec son unique et seule couille.
Je n’avais pas le temps de connaitre l’extase, mon extase ». Pendant que monsieur était sur les chemins de la gloire madame imaginait le plaisir : son plaisir.
« Tu sais, ces bêtes m’étaient reconnaissantes, lorsque j’étais dans les pâturages elles venaient à moi ». Un jour son jeune fils surnommé "petit museau" avait été témoin et avait réagit en lui demandant pourquoi personne ne lui caressait ses tentacules ...
J’essayais d’imaginer un curé l’entendre en confession : mon père, j’ai péché, j’ai caressé les testicules d’un bovidé ...
 
J’aimais beaucoup sa personnalité, mis à part les caresses testiculaires. J’ai beaucoup appris en sa compagnie, elle me parlait franchement, elle partageait avec moi, ce dont elle ne pourrait jamais partager avec aucun de ses proches et 
pour cause.
 
18- La bâtisse. 
 
La maison de Marie-Eugénie était un véritable musée Franco-Suisse, des témoignages d’histoire meublaient l’espace, et le volume. Marie-Eugènie avait un sens inné de la mise-en-scène, tout était enjolivé, tout était art . La cuisine avait été aménagée en 1937 à la naissance de son fils. 
Lorsqu’on y entrait tout était figé, tout était neuf de septante années, l’évier, les casseroles, les ustensiles,le fourneau, les placards.
Je me souviens de l’installation du gros fourneau en fonte dont les épaisses portes étaient émaillées. La plaque supérieure étaient une espèce de composition de différentes plaques, s’imbriquant les unes dans les autres. Le pourtour était ceinturé d’une barre de laiton toujours astiquée et brillante. 
À droite un réservoir était en permanence rempli d’eau chaude. 
Le tuyau d’évacuation de la fumée, émaillés eux-aussi, se divisaient en deux puis,  se rejoignaient laissant apparaître un espace servant d’étuve pour conserver chaudement les mets ou les assiettes.
Lorsqu’on ouvrait les placards mureaux, une vaisselle d’un autre âge y logeait. Il n’y avait pas de porcelaine fine mais une vaisselle confortable en grès rustiques dans lesquels on mijotait d’excellents petits plats .
 
19- Les pièces à vivre.
 
Le salon-bibliothèque était très agréablement agencé avec énormément de goût. Tout était mis-en-scène, tout était harmonie. 
Passionné d’histoire, j’étais servi. 
L’histoire du pays et de la famille avaient épousé la maison. Près du large escalier en chêne qui conduisait aux étages, un immense escabeau de bibliothèque en bois présentait ou exposait sur chaque marche un coffret de pistolets anciens.
À droite et à gauche du grand poêle en faïence, deux cadres d’environ deux mètres carrés en forme de blason, arboraient un trophée d’armes.
Sabres, épées, pertuisanes, se croisaient dessous une cuirasse de cent-garde.
Sur les murs opposés, une série de quatre cadres ovales en velours vert, étaient ornés de médailles de tir, d’ordres de chevalerie, et d’une collection de peintures sur médaillons. Ces miniatures peintes sur cuivre, ou sur corne, représentaient  une galerie de personnes célèbres du canton, de sa famille, et des personnalités fédérales.
La salle à manger parallèle au salon était en bois. On se serait cru dans le ventre d’un ancien navire. Le parquet, les poutres, les cloisons avaient étés débités dans des anciens bois de très vieux chalets. Le vieux bois de mélèze occultait tous les bruits sauf le grincement des lattes encaustiquées. 
 
20- le reste de la maison 
 
L’architecte qui avait construit la maison au début du XXéme siècle l’avait conçue en tenant compte du terrain, des saisons, des intempéries locales. 
Il faisait bon vivre en toutes saisons. Toutes les pièces qui disposaient d’un point d’eau avaient étés dotés d’un écoulement de sol précautionneux et avant-gardiste. 
Le rez de jardin était en fait une sorte de petit entresol, que l’on rejoignait par une rampe douce munie d’une trentaine de petites marches épaisses de deux centimètres d’épaisseur . Le tout était protégé par un auvent agréable en été, utile en hiver, protecteur en cas de vent, de  neige et ou de pluie.
 
Un jour nœunœuf,  s’envola vers le paradis des pilotes rejoindre son époux. L’aide à la toilette vint chez nous. Elle était inquiète, madame tardait à se lever. Avec l’épouse de mon boss (ex infirmière)nous participâtes à sa toilette.
Elle se laissa frictionner avec l’eau de toilette de Guerlain  sans rien dire, nous regardant avec les yeux hagards .
On l’habilla élégamment puis, nous nous rejoignîmes au salon pour déjeuner:  le dernier déjeuner, pour boire le dernier verre de Mercurey.
Tout d’un coup elle se mit à "flatuler" ( à péter ), puis elle éclata de rire, un fou rire collectif nous prit toutes et tous, en l’entendant s’exprimer "annalement".
Elle s’est endormie tranquillement, sans une plainte, sans un mot, juste un regard malicieux et coquin.
 La vie est un éclat de rire disait-elle, elle s’est éteinte lors de son dernier éclat de rire et d’un petit pét...
Au moment du dernier voyage, les autorités des deux côtés de la frontière vinrent s’incliner autour de son cercueil rappelant son courage de guerrière. 
Sur sa pierre tombale on inscrit tout simplement : 
« morte d’un éclat de rire à 98 ans ».
C’est son fils qui avait choisi cette belle épitaphe, connaissant les circonstances de sa mort.
 
Jules
julesmountbrion@outlook.com
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 Je partagerais prochainement d’autres expériences totalement différentes, au service d’un autre employeur lui aussi assez particulier. ...

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