Résumé de la fin de l’épisode précédent.
 
J’avais amené le fameux couteau Suisse que le monde entier nous envie. J’invitais notre élève à examiner les fonctionnalités et utilités de ce trésor helvétique pas encore inscrit au patrimoine mondial de l’unesco.
Astucieux, il comprit tout de suite ma comparaison pendant que son regard s’illuminait comme les yeux d’un enfant qui découvre son cadeau.
Le majordome cher Étienne, doit impérativement disposer de facultés d’adaptation rapides. Tu dois être capable d’anticiper avec bon sens, être compétent dans la discrétion et l’élégance.
Un majordome est une personne très bien éduquée, débrouillarde, polyglotte, instruite, super efficace qui doit disposer deux dons particulier: le don du : "savoir-anticiper"et, celui du savoir s’adapter.
 
Étienne n’avait pas suivi un parcours scolaire exceptionnel en revanche, il avait été formé par et auprès de personnes que tout débutant rêverait d’avoir.
Lorsque nous l’avions recueilli il était brut de décoffrage mais sans aucun mauvais plis.
Malléable, il disposait d’une soif d’apprendre tout ce qui s’apprend. Je me souviens de son immense empathie presque naturelle en lui. Il avait une dose d’amour et de bonnes dispositions envers les autres tout comme Isidore et votre serviteur Jules.
Il s’en suivit un dialogue entre nous, sous la forme d’un questions-réponses, jeu de rôle important pour rassurer Étienne.
Isidore un peu las, s’était assoupi, laissant échanger l’ancien et le jeune majordome.

Episode 40

1-Coup de gueule & pomme de discorde.
 
Il est impossible de freiner l’évolution des techniques de communications du XXI ème. Nous les vivions et les subissions presque passivement; mais, qu’en est-il pour l’éducation ? qu’en est-il pour le savoir-vivre ?
Doit-on interrompre une discussion ou un échange, parce qu’une vibration ou une sonnerie retentissent dans notre poche ?
Je devais diplomatiquement faire passer le message à Étienne, puisque à cette époque nous commencions à subir l’intrusion du téléphone portable.
D’ailleurs, Étienne et moi venions de recevoir le nec plus ultra en matière de technologie dont nous avez doté le siège.
Nous entrions dans la nouvelle ère de culture et de communications instantanées du XXI éme siècle.
Les sonneries tintinnabulantes étaient aussi ridicules et fantaisies les unes que les autres, à la fois insupportables et inopportunes.
Subitement, tout devenait instantané et urgent.
Quand à moi je devenais de plus en plus transparent.
Ce boitier nous imposait une disponibilité de tous les instants, son intrusion subite devenait source de fréquentes algarades.
Les utilisateurs se mettaient à débagouler, à faire profiter tout l’entourage de leur vie, bref à jeter sans cesse la pomme de discorde.
Le portable devenait le prolongement du poignet captant tous les regards vers le "saint-écran".
C’est à partir de cette époque, que je suis me suis aperçu que je devenais de plus en plus transparent, puisque les utilisateurs de portables ne me voyait plus ou pas..
J’observais la fascination qu’avait ce petit boîtier sur Étienne je devais absolument éviter que cet attrait se transforme en addiction maladive.
Je veillais également à ce qu’il n’utilise pas ces formules malheureuses et inélégantes que j’appelle: le comble de la "plouquerie".
Je lui rappelais avec un certain humour, quelques exemples à éviter et à bannir absolument, afin de s’exprimer avec une certaine élégance.
 
- bonne continuation, je n’ai pas le temps, 
- d’habitude, bon courage
- ce n’est pas moi, c’est l’autre,
- ça a été ? 
- tout se passe bien ? 
- ça se passe comme vous voulez ?
- "sieurdames" !
- je suis enchanté...
- un petit dessert ? un petit café ?
- et avec ça ?
- ça vous a plu ?
- c’a allait ?
-c’était bien ? c’était bon ?
-Ça s’est bien passé ?
- Au plaisir !...
 
Cette liste non exhaustive commençait à saturer Étienne.
Pour couper court, Étienne m’assura que ces formules "ploucardes" étaient entrées dans son "disque dur", il m’assura qu’il serait dorénavant beaucoup plus attentif à son vocabulaire usuel et au bannissement des formules "pot-pourriture".
 
2- Pendant le sommeil d’Isidore...
Mais Jules, comment êtes-vous devenu majordome ?
 
Eh bien mon cher Étienne, après avoir suivi les cours de l’école hôtelière Suisse, après avoir effectué mes stages, je me suis trouvé tout simplement au bon endroit, au bon moment, auprès des bonnes personnes.
Figures-toi que ce jour-lā, mes clients arrivaient en hélicoptère.
Cela se passait à Zermatt dans le Valais. Lorsque la grosse abeille rouge avait posé ses patins sur la neige damée, dés l’ouverture de l’habitacle, apercevant les passagers, j’ai eu le réflexe d’allonger sur le sol glacé un grand plaid de terrasse, pour servir de tapis anti-glissade.
Ce réflexe spontané m’a rapporté un billet de deux cent francs Suisse et un superbe emploi.
C’est ainsi que je suis devenu quelques mois après le séjour de mes clients, un apprenti majordome à leur service.
J’avoue que j’ignorais à cet instant-là, que j’entrais dans le monde de la puissance financière.
J’avais un aspect distingué, j’étais beau gosse, un bout-en-train brut de décoffrage. Les seuls outils dont je disposais étaient ma présence d’esprit, mon bon sens, ma formation, mes cinq langues, mon regard d’angelot, et mon look de paradisier amoureux ...de la vie.
J’avais appris à savoir bien regarder, à voir, à observer à mémoriser, à me souvenir.
Ma famille avait insisté pendant mon éducation sur l’importance d’être poli, d’être courtois, d’être toujours élégant,
et d’être d’une hygiène rigoureuse de la tête aux pieds.
Ces points importants, étaient les clés : m’assurait-on, qui ouvraient pratiquement toutes les portes : je m’en suis inspiré.
 
J’ai très vite acquis l’idée que j’étais un luxe dans le monde des privilégiés, qu’avoir un majordome à son service était un must.
J’ai rapidement réalisé que j’étais un jeune must débutant. 
Lorsque j’entrais au service d’une famille, je faisais tout pour me rendre rapidement indispensable et incontournable. J’analysais la situation, je m’efforçais de privilégier le fait de ne pas travailler pour, mais avec mes employeurs.
J’évitais de jouer le larbin ou d’être un larbin: j’existais élégamment et dignement !
Cependant, je prenais garde aux secrétaires, aux anciens ou proches collaborateurs, vieux serviteurs, amis de mes employeurs, car ce sont eux qui font la pluie et le beau temps, il faut toujours s’en méfier, ou en tous cas : être très vigilant.
Surtout ne rien partager avec eux, cat ils s’empresseraient de le répéter aussitôt.
Au début, je faisais habilement admettre à mes boss que j’étais là pour leur faire réaliser de substantielles économies et, éventuellement de leur faire gagner un peu d’argent.
Ça plaisait toujours énormément.
 
3- La "transfusion" du savoir.
 
Dés son entrée au service de mon-monsieur,
je n’avais jamais cessé d’être un formateur omniprésent auprès de mon poulain.
Rappelez-vous l’histoire, plus exactement l’anecdote de l’aspirateur d’assaut ! Il avait caparaçonné l’aspirateur avec des chutes de moquette pour occulter le bruit agaçant du moteur. Ce garçon était un véritable thaumaturge, il utilisait son intelligence et son bon sens inée, au quotidien à mon (à notre) immense surprise.
Il justifiait pleinement la citation de Jean Piaget :
«l’intelligence n’est pas ce que l’on sait, mais ce que l’on fait quand on ne sait pas»
Son immarcescible bonne humeur le rendait attachant et difficultueux tout comme Isidore. Je poursuivis la "transfusion" par quelques bornes, quelques repaires, ainsi que par quelques précieuses indications dont il était toujours preneur avec le même appétit d’apprendre.
 
Cher Étienne, la vie est ponctuée par de petits événements qui méritent d’être marqués pour se faire estimer, se faire remarquer, et apprécier durablement.
Toutes les semaines comportent des événements à évoquer, à souligner, à célébrer.
Tout comme, le petit-poucet, jalonne tes chemins non pas de petits cailloux, mais de bornes: des bornes attentionnés et lumineuses.
 
N’oublies jamais de penser à souhaiter un anniversaire, ou un événement, de fêter un prénom, de congratuler une personne pour ses actions, pour une nomination et ou promotion, une remise de récompense, une naissance etc...
Enfin un petit mot de courtoisie fait toujours plaisir quelle que soit la circonstance.
Je lui citais la circonstance, enfin l’anecdote que j’avais appelé: l’anecdote du dignitaire ou comment désamorcer une situation délicate.
Je me trouvais auprès d’une personne suffisante et colérique dont on célébrait l’anniversaire.
On m’avait désigné cette personne, comme particulièrement désagréable, j’allais au devant d’elle ignorant la stratégie que j’allais employer. Je remarquais au revers de son veston une rosette rouge posée sur un canapé (ruban) mi-or mi-argent.
J’identifiais aussitôt les insignes de grand-officier de la légion d’honneur. Arrivé en face de cette personne, je me permis de lui rappeler discrètement à l’oreille, qu’un dignitaire de l’ordre national de la légion d’honneur ne pouvait en aucune manière se comporter de la sorte !
Je venais de caresser l’égaux du personnage qui devînt presqu’aussitôt, un personnage beaucoup plus abordable et plus serein.
Je m’étais permis de lui rappeler diplomatiquement ce que disait Montaigne: "Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul."
Ne te laisse pas désarmer, ni impressionner, ne laisse personne te manquer de respect quelque soit son rang, sa fonction, son âge, ni trop te flatter.
 
4- Majordome et citoyen au quotidien.
 
Lors de nos séjours en Suisse, je lui avais expliqué les spécificités helvétiques, la règle de la tolérance zéro et l’impossibilité de faire n’importe quoi, n’importe comment, n’importe quand.
Comme nous étions en France je lui rappelais que le symbole de la république Française était représenté par une femme : Marianne. La laïcité imposait en principe une séparation de (s) église(s) et de l’état.
Cependant le peuple français, avait des racines judéo-chrétiennes très très anciennes, solidement ancrées, enrobées par la laïcité.
D’autres composantes, d’autres racines, d’autres greffons issus de la colonisation, ou de flux migratoires , étaient apparus feignants d’ignorer la démocratie et de refuser la laïcité. Je lui conseillais de se tenir à distance de ces personnes délétères pour la plupart des vulgum pecus.
Je t’invite à ne pas polluer les autres avec tes convictions personnelles, conserve en toi ta foi, accepte les droits, accepte les mérites, respecte tes devoirs, intègre toi intelligemment, ne filtre pas tes états d’âme, pas de prosélytisme: tes racines seront toujours tes racines.
Tu es un méditerranéen, tu appartiens au monde de tous les croyants, attache-toi à la laïcité bienveillante, éloignes-toi de tout prosélytisme exacerbé.
Nous étions bien, j’étais fier et heureux de transmettre le
meilleur du meilleur, il goûtait mes mots, mes exemples,
le jeu de rôles était agréable, l’élève était assidu, il croquait sa nouvelle vie à pleine dents ..
 
4- La dernière ponte.
 
Nous étions vendredi après-midi, Isidore s’était absenté nous laissant échanger tranquillement.
Tout d’un coup, Étienne et moi nous sommes regardés, nous nous sommes levés, nous nous sommes précipités vers les toilettes pensant y trouver Isidore.
Il n’était ni au rdc, ni dans l’ascenseur ni dans les étages.
C’était la première fois que je gravissais aussi rapidement les trois étages de la demeure. Nos échanges de regards étaient inquiets tout en poursuivant la visite des lieux intensément jusqu’au poulailler.
 
Il était là, il s’était venu une dernière fois ramasser la ponte du jour de ses poules, nous l’avons trouvé assis sur son petit banc, souriant, le visage figé.
Le petit panier d’osier contenant les œufs du jour était posé sur ses genoux.
"La mort ne surprend pas le sage, disait la Fontaine, il est toujours prêt à partir", Isidore avait attendu paisiblement le dernier souffle, serrant précautionneusement entre ses mains de guerrier presque centenaire, son petit panier d’osier.
Étienne voulut appeler les secours, je l’en dissuadais avec douceur tout en le rassurant.
Je suggérais à Étienne de le photographier une dernière fois notre Isidore avec respect.
Isidore m’avait demandé de le laisser partir si j’étais auprès de lui au dernier instant.
Pas d’acharnement, pas d’hôpital, pas de médecin avait-il dit.
Si je devais souffrir de maladies dégénératives ou incurables, il faudra m’amener en Suisse afin que tu soies présent à mon suicidée assisté. Dieu merci, il était parti paisiblement.
Tout comme moi, Étienne était inconsolable, il avait beaucoup de mal à admettre que son père spirituel était passé à l’orient éternel définitivement.
J’avais entendu autrefois par mon grand père dire que la vie était une longue retraite devant la mort, qu’un jour, il y aurait la dernière expiration, nous étions toutes et tous égalitaires devant cette finale échéance.
J’avais assisté à la fin de vie de proches, de maladie, de séquelles de guerre, de vieillesse, j’avais été le témoin oculaire d’accidents, j’avais souvent croisé la mort de près, on m’avait réanimé trois fois, j’étais stoïque et respectueux face à la grande faucheuse.
 
Plus tard le corps d’Isidore sera placé dans un double cercueil en bois de chêne. J’invitais mes enfants et ma compagne à lui rendre un dernier hommage avant la fermeture définitive du cercueil. Mon jeune ado me regardait me demandant si c’était la dernière fois qu’il voyait Isidore et s’il y avait une vie après la vie terrestre ?
Il resta un long moment seul ne lâchant pas la main d’Isidore,
ayant du mal à accepter pas cette séparation. Tu sais, lui dis-je, sa trace, son empreinte ne disparaîtra pas, tu vas croiser son regard, tu vas entendre la douceur de sa voix tout au long de ta vie, ne soies pas triste il n’est pas mort : il a disparu.
 
5- Triste nouvelle.
 
J’ai prévenu en premier l’entreprise de pompes funébres, les priant de nous rejoindre aussitôt pour préparer le défunt et pratiquer l’acte de thanatopraxie.
Je n’ai pas appelé le siège de la société tout de suite, nous avons décidé de transporter nous-mêmes Isidore dans sa suite et de l’installer.
Une fois installé, j’ai demandé à Étienne de fermer lui-même les yeux d’Isidore, ce geste était essentiel afin qu’il commence son deuil.
C’était la première fois qu’il croisait une mort paisible.
Avant l’arrivée des personnels de la maison de Borniol, je refermais soigneusement les fenêtres et volets puis, j’actionnais la réfrigération de la pièce.
On nous invita à quitter la pièce afin de laisser les spécialistes faire leur travail de conservation du corps.
Plus tard le corps d’Isidore sera placé dans un double cercueil en bois de chêne. J’invitais mes enfants et ma compagne à lui rendre un dernier hommage avant la fermeture définitive du cercueil. Mon jeune ado me regardait me demandant si c’était la dernière fois qu’il voyait Isidore et s’il y avait une vie après la vie terrestre ?
Il resta un long moment seul ne lâchant pas la main d’Isidore,
ayant du mal à accepter pas cette séparation. Tu sais, lui dis-je, sa trace, son empreinte ne disparaîtra pas, tu vas croiser son regard, tu vas entendre la douceur de sa voix tout au long de ta vie, ne soies pas triste il n’est pas mort : il a disparu.
 
Notre gouvernante générale était au plus mal, elle était inconsolable malgré mes mots d’affection et de réconfort.
Je ne voulais pas prévenir notre président par téléphone, Étienne et moi sommes allés rencontrer notre boss au siège de la société familiale.
Nous étions vêtus de manière formelle, pantalon gris à rayures, cravate argentée, veste noire, chemise impeccablement repassée, notre regard larmoyants.
Croisant nos regards tristes, la secrétaire comprit aussitôt, ce qui venait de se passer. J’annonçais à notre "mon monsieur fils", que l’entreprise était veuve depuis une heure.
Ne vous inquiétez-pas, monsieur le président, le médecin est venu constater le décès, j’ai pris toutes les dispositions afférentes à cette pénible situation.
Il fut décidé de ne rien communiquer ni dans l’entreprise, ni à l’extérieur pour l’instant dans l’intérêt du groupe.
 
6- Lorsque la dernière trompette sonnera.
 
Je n’écris pas avec gaité de cœur le présent épisode, je n’étais pas comme les employés de l’entreprise des pompes funèbres un professionnel accompagnateur des derniers voyages: je n’étais pas blindé, mais je m’était préparé à de grands bouleversements, dont: sa disparition.
Isidore était dignitaire dans l’ordre national de la légion d’honneur, dans l’ordre national du mérite, et dans de nombreuses hautes distinctions de pays belligérants de la deuxième guerre. À ce titre il avait droit à un hommage officiel dans la cours d’honneur de l’hôtel national des Invalides .
Il en fut décidé autrement pour un départ plus discret .
"Mon monsieur fils" nous rejoint fin d’après-midi avec toute sa famille. Je décidais de laisser la famille faire leur deuil, mais le président insistait : vous êtes de la famille, restez avec nous, c’est notre souhait.
C’est bien me souffla-il dans l’oreille, il n’a pas dû souffrir il a un visage serein.
 
Toute la fin de semaine, nous sommes restés ensembles partageant en silence tous nos repas chez Isidore.
Quelques jours après, le corps fut transporté dans un cercueil spécial en Suisse, rejoindre le caveau de son épouse.
Ils étaient à nouveau réunis pour l’éternité.
Uniquement les très proches assistèrent à cette cérémonie intime présidée par une pasteure Suisse remarquable.
Quelques jours plus tard, je publiais un avis de décès dans les colonnes du figaro et dans des journaux de Suisses et d’Europe précisant la date et le lieu du culte en sa mémoire.
J’avais bien précisé ni fleurs ni couronnes.
Les marques de sympathie affluèrent du monde entier, il m’a fallu plus de deux mois pour rédiger les réponses.
Un culte mémoriel fut organisé au temple protestant de l’oratoire du Louvre. J’avais carte blanche pour discuter avec le pasteur, pour décrire la vie et la carrière d’Isidore et choisir les textes bibliques de la cérémonie.
J’étais bien placé pour parler de mon héros que j’avais servi avec fidélité et honneur jusqu’au bout. Une forêt de drapeaux était suspendue du haut des tribunes, d’autres étaient positionnés autour de la chaire.
 
Le pasteur fût exceptionnellement exceptionnel, prêchant sur un texte tiré des Corinthiens 15 : 51-56
 
«Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d'oeil, à la dernière trompette.
La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés.
Car il faut que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l'immortalité.
Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire.
O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? L'aiguillon de la mort, c'est le péché; et la puissance du péché, c'est la loi».
 
A la fin du culte, l’assemblée se leva pour
entonner les trois strophes du cantique : "A toi la Gloire, ô ressuscité".
Ce cantique paraît-il, est aux protestants ce que la Marseillaise est aux Français, miracle du rassemblement en mémoire à Isidore, c’était la première fois que voyais presque toute l’assemblée chanter à l’unisson la marseillaise protestante.
 
A toi la gloire, O ressuscité !
À toi la victoire Pour l’éternité.
Brillant de lumière, L’ange est descendu ;
Il roule la pierre Du tombeau vaincu.
À toi la gloire, O ressuscité !
À toi la victoire Pour l’éternité...
 
Tout à fin du culte, le pasteur nous invita à nous lever pour écouter la dernière trompette sonner.
Un silence régnait sur l’assemblée, le battement était sourd, les baguettes des tambours était amorti par un voile posé sur la peau. Les clairons sonnèrent ‘’aux morts’’, un grand silence retenti pendant qu’un courant glacial envahissait entièrement mon corps; des perles glacées comme des grêlons tapissèrent mes joues, elles aussi glacées.
Cette trompette sonne encore dans ma tête, j’ignorais à cet instant que, quelques mois plus tard, la même trompette retentirait sur la tombe de mon père.
 
Le jour des obsèques, j’étais avec la famille d’Isidore, saluant tous ses amis et partenaires et notre amie: la baronne du château d’en face.
Quelques années après, je croise son sourire, j’entends sa douce voix me parler tous les jours, il me guide en permanence dans le chemin
de la sagesse, de la force, de la beauté, de la beauté intérieure.
 
Mon père nous a quitté, cher Jules, votre départ serait un autre deuil
pour notre famille, alors, je suis resté remplissants des missions particulières pour notre président et auprès des amis de la famille.
 
J’ai eu un travail de scribe pendant quelques mois, répondant à tous les courriers, répondant aux différents courriels, lettres et marques de sympathie.
Je participais avec les officiers ministériels aux inventaires dans toutes les propriétés de la famille.
Une prisée avait été faite lors de mon entrée, mais comme nous avions fait l’acquisition de nombreuses œuvres et objets pendant ma présence, il fallait réévaluer le patrimoine familial pour être en ordre avec la succession.
D’ailleurs, j’étais le seul à savoir où se trouvaient les objets.
Quant au trésor découvert lors des travaux, il ne figurait pas dans les inventaires. Respectant les volontés d’Isidore, il sera réparti entre les ayant-droits.
 
 
Prochainement, je partagerai avec vous toutes & tous, une autre tranche de ma vie. Vous y découvrirez un nouvel emploi ponctuel au service d’une femme d’exception.
Je partagerai d’autres nouvelles expériences au service d’une autre personne, ( que vous connaissez déjà ), personne d’une autre génération, avec une autre éducation, un autre mode de vie, avec d’autres mœurs.
Mon caractère, mes valeurs, seront-elles compatibles ?
Faudra suivre Jules encore un tout petit peu :.

The mystery Butler | Jules mountbrion

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