Résumé de la fin de l’épisode précédent 

 
On ne change pas une équipe qui gagne lui-avait dit Isidore...
Etienne avait pratiquement tout acquis sur le savoir-entendre, le savoir-écouter clairement afin d’éviter tout malentendu.
L’arrivée des courriels comme rapide mode de communication 
facilita la transmission de consignes claires. 
Ce mode de communication m’inquiétait, ça rapprochait et ça éloignait à la fois les individus.
Ma mission de transmission du savoir était essentielle pour Étienne qui, pour cette occasion, s’était doté d’un petit répertoire-carnet pour y noter mes précieuses et mes nombreuses instructions ...et les savoirs de Jules....

 
 
savoir-être 
savoir-faire 
savoir-vivre 
savoir-s’exprimer 
savoir bien-dire
savoir-communiquer 
savoir-écouter 
savoir-anticiper
savoir-s’adapter 

Episode 39

1-Le corbeau et le renard.

Nous étions assis dans la bibliothèque de la résidence, auprès d’Isidore. Nous consultions une édition originale des fables de La Fontaine. Ce premier tome paru en 1668, contenait les 22 premières fables de La Fontaine.
Nous avions amorcé une discussion générale entourant notre Étienne comme s’il était l’élève d’un cours très particulier.

 
 
La leçon du jour portait sur la préciosité du volume, de la valeur et rareté d’une édition originale. Isidore feuilletait les pages une à une, expliquant les étapes de fabrication d’un papier chiffon filigrané. 
Il faisait apprécier et observer à son élève l’épaisseur du papier, les fers de la reliure, ressentir la police d’écriture par le relief que laisse l’empreinte du caractère de plomb sur la feuille de papier. 
Je ne sais pas comment ni pourquoi nous nous sommes arrêtés á la page de la fable du Corbeau et du Renard. 
Cette fable était écrite en français vieux style, époque ou les lettres f & s se confondaient. 
Mes connaissances et passions en textes anciens me permirent de lire le texte sans hésitation au grand étonnement de mon petit auditoire. 
La fable se terminait par une mise-en-garde : 
«Apprenez que tout flatteur, vit aux dépens de celui qui l'écoute.»  
Isidore utilisa ces mots pour rebondir et poursuivre. 
Je t’invite cher Étienne à être vigilant, méfies-toi des approches intéressées, ne fais pas comme le corbeau de la fable, ne te laisses pas amadouer, ni séduire, ni flatter.
Le message était une excellente transition pour aborder les relations, sa relation avec les autres: comment être élégant oralement, et comment acquérir " le savoir-s’exprimer" que j’appelais : le savoir bien-dire. J’observais le transfer affectif qu’Isidore vouait à ce brillant jeune homme, je notais que c’était absolument réciproque. 

 
 
2- Le miel & le fiel.
 
Nous connaissions parfaitement son parcours de vie précédent notre rencontre un soir de pluie. Ses antécédents avaient étés semés d’embûches, de privations, de résignations, qu’il avait eu plus de fiel que de miel dans sa jeune vie.  
Sans doute sa passion pour les abeilles trouvait-elle  là son origine ? 
Ce qui ne tue pas, rend plus fort avait dit Nietzsche, effectivement ce garçon nous surprenait par ses facultés à rebondir et, à apprendre aussi facilement.
Cependant, quelques piqûres du "vaccin de l’expérience de Jules" pourraient lui être utiles pour le rassurer et, pour le l’immuniser durablement. 
Isidore et moi allions nous y employer avec une bienveillance toute particulière.
Soudain, lors de notre discussion, Isidore hésita dans l’utilisation de plusieurs mots. 
Le connaissant suffisamment, je lui soufflais à plusieurs reprises les mots qu’il souhaitait employer. 
Nos regards interrogatifs se croisèrent, il semblait bouleversé par son trou de mémoire.
Nous étions inquiets et impuissants face à cette situation inopinée, toutefois, nous avons poursuivi la discussion interprétant cet incident comme une déficience passagère. 

 
 
3-La dernière bénédiction d’Isidore. 

 
 
Je laisse Isidore s’exprimer. 
Mon cher Étienne, Jules et moi t’avons accueilli avec bienveillance, nous avons pris le risque de t’ouvrir notre maison et de faire confiance à un cycliste trempé, livreur de repas.
Je n’ai aucun doute quand à ton recrutement, je suis persuadé que nous avons recruté la bonne personne. 
La bonne personne qui servira les intérêts du groupe avec autant de gentillesse et efficacité que tu le fais à mon égard. 
Les quatre années passées auprès de nous ont étés un enrichissement pour notre maison, pour nous et pour toi. 
En manque de repaires et d’appuis familiaux, tu as trouvé l’essentiel avec nous, au point que bien souvent des personnes extérieures au groupe pensent que tu es un petit-fils: mon petit-fils ou, un membre de notre famille.
Tu t’es imprégné de la philosophie familiale par immersion petit à petit à notre immense satisfaction.

 
 
J’écoutais Isidore religieusement évitant de me mêler à la discussion .
Autrefois, j’avais travaillé auprès de personnes exceptionnellement exceptionnelles,  je savourais cet instant "carpe diem", je n’en perdais surtout pas une miette.
 Pour me remémorer ces instants, ces mots, pour les coucher sur ma tablette combien de fois me suis-je réveillé, éteignant puis rallumant mon écran parce qu’un mot surgissait des carrefours complexes de ma mémoire. 
Il fallait que j’écrive fidèlement, que j’utilise  le mot juste, il fallait que je revive l’instant pour être authentique.
Combien de fois l’hologramme du gentil fantôme d’Isidore m’est apparu pour me remémorer ces immenses instants de grande humanité . 

 
 
Je laissais Isidore poursuivre son travail de transmission managériales à ce garçon en utilisant pratiquement un vocabulaire militaire. 
"Pour manager, il faut aimer les gens, et s’intéresser à eux, le vrai leader est celui qui grandit en faisant grandir les autres, ne l’oublie jamais". 
Quand on commande, quand on gouverne, on est d’autant plus à l’aise quand on connaît nos subordonnés et, que nous  avons confiance en ceux qui vont mettre en œuvre les ordres et la stratégie que nous avons définie et décidée. 
Tes qualités humaines, ton innocence, ta spontanéité ont étés déterminantes dans le choix de ta personne. 
Dans le couplet des enfants de "la Marseillaise" il est écrit: "Nous entrerons dans la carrière, quand nos aînés n'y seront plus, nous y trouverons leur poussière et les traces de leurs vertus".  
Lorsque je disparaîtrais, tu te seras totalement intégré aux vertus du groupe, moi , je serais devenu une poussière omniprésente dans ta mémoire et dans ton esprit. 
Sur le chemin de ta réussite, même en cas de succès, il ne faudra pas te tromper dans ses causes. Les succès comme les échecs doivent être étudiés pour en tirer les bonnes leçons, qui te permettront de les éviter ou et de les reproduire. 

 
 
Je n’avais rien de plus à rajouter, j’avais assisté à un cours magistral. 
Je choisi d’attendre quelques jours pour lui transmettre tous les (autres) savoirs de Jules. 

 
 
4-Le couteau Suisse .

 
 
Je ne disposais pas de la même élégance de langage qu’Isidore, j’expliquais tout de même que gérer au quotidien le quotidien d’une famille et d’un bureau, nécessitait des qualités humaines et professionnelles exceptionnelles. 
Dés à présent, il aurait sur ses épaules une charge de responsabilités nettement supérieure. Il allait désormais voler de ses propres ailes.
Ce qu’il avait acquis auprès de moi lui servirait de tremplin, pour accéder à l’excellence. 
Cependant, je n’étais jamais trop loin, l’oncle Jules veillait sur son poulain. 
Je choisis un objet utilitaire pour être une passerelle imagée pour mon élève en présence de notre "mon monsieur". 
Un excellent majordome est avant tout un bon gros couteau Suisse. Isidore m’écoutait et appréciait l’image tout en souriant. 
J’avais amené le fameux couteau que le monde entier nous envie, j’invitais notre élève à examiner les fonctionnalités et utilités de ce trésor helvétique pas encore inscrit au patrimoine mondial de l’unesco. 
Astucieux, il comprit ma comparaison pendant que son regard s’illuminait comme les yeux d’un enfant qui découvre son cadeau. 
Le majordome doit impérativement disposer de facultés d’adaptations rapides. Il doit être capable d’anticiper avec bon sens, d’être compétent et efficace dans la discrétion et l’élégance. Le majordome est une personne très bien éduquée, débrouillarde, polyglotte, instruite, super efficace qui doit disposer  d’un don particulier: le don du : "savoir-anticiper".

 
 
Il s’en suivit un dialogue entre nous, sous la forme d’un jeu questions-réponses, jeu de rôle important pour rassurer Étienne.  Isidore, s’était assoupi,  laissant échanger l’ancien et le jeune majordome. 

 
 

 
 
Je vous retrouve avec grand plaisir tout bientôt en vous invitant à me rejoindre sur instagram.

 
 

 
 
jules 

 
 
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The mystery Butler | Jules mountbrion

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