Résumé de la fin de l’épisode précédent .

 
Un soir nous nous décidâmes de lui annoncer qu’il serait investi de nouvelles responsabilités. Nous connaissions sur la route de plans-mayens à trois kilomètres de Montana le restaurant "la dent blanche" . Cette maison servait les meilleures fondues et raclettes de la région. La famille Crettaz accueillait depuis plusieurs générations la jet-set locale, ainsi que les célébrités de passage. 
C’est lā, auprès de la cheminée après avoir bu "trois décis"de Cornalin ( le plus grand des vins rouges du Valais) , qu’Isidore lui annonça la nouvelle ...mais, je vous en reparle tout bientôt...

Episode 35

1- la fondue de la dent blanche.

 
Notre mon monsieur, notre Isidore, avait amené un élégant petit sac de la joaillerie de Crans. Pendant qu’Étienne se trouvait aux lavabos nous déposâmes sur son assiette cette élégante pochette ainsi que la lettre officielle lui annonçant ses prochaines nouvelles fonctions . 
Affichant un sourire de jeune premier, il comprit qu’il se tramait quelque chose d’inhabituel.  Que dois-je ouvrir en premier ? À toi de choisir répondit Isidore . Précautionneusement il ouvrit l’enveloppe, et lut la lettre deux fois. Vous devez beaucoup m’aimer pour me confier autant de responsabilités ? il s’agit de confiance, d’affection, de gratitude répondit Isidore. Etienne essuya quelques larmes qui perlaient doucement sur ses joues encore duvetées , mais je continuerais tout de même à vous voir ? évidemment tu recevras tes instructions désormais du bureau, mais tu continueras à dormir dans l’annexe de ma résidence si tu le souhaites.
Après quelques secondes d’hésitation, il ouvrit l’écrin contenant une très ancienne montre  Rolex en or. 
Isidore commenta : cette montre que tu vas dorénavant porter, m’appartenait,  je suis ravi que tu la portes en souvenir d’un cycliste mouillé  livreur de repas que nous avons recruté un soir d’orage, auquel nous sommes très attachés .

 
 
2- La planche d’Étienne. 

 
 
Nous nous attendions pas ā l’entendre nous lire plutôt á nous lire une planche aussi spontanée.« Lorsque vous m’avez accueilli un soir d’orage,  j’étais au bout du rouleau,  j’errais sans but ne venant de presque nulle part, ni sachant où aller. Après m’avoir invité à rester avec vous, vous m’aviez conseillé de m’instruire, d’acquérir en permanence de nouvelles connaissances, de m’intéresser à tout ce qui m’entoure, à chaque instant, tous les jours . Vous m’aviez dit qu’un cerveau vide est la boutique du diable. Grâce à vous, il n’y pas eu de boutique de la tentation sur mon chemin».
Étienne était un écorché vif , il avait traversé plusieurs zones de turbulence particulièrement traumatisante lors de son adolescence, puis comme jeune majeur. 
Nous avions jalonné suffisamment de repaires dans sa jeune vie,  pour l’inciter à s’exprimer professionnellement et socialement. Au delà de nos attentes ce soir-lā il nous a épaté. A cet instant, il s’était lâché comme si sa tête avait soudainement subi un choc, le choc de la prise de confiance en lui. 

 
 
3- Treize étoiles.

 
 
Nous n’avions jamais vu un garçon avaler autant de raclettes, il adorait manger également la croûte rôtie (la religieuse) . Le racleur de service était épaté du bon coup de fourchette de notre Étienne : le cycliste mouillé, ce soir il devenait un peu valaisan. 
Cette nuit lui dit-il , tu vas voir les treize étoiles . 
Pourquoi treize demanda t-il ? 
Isidore lui fit un petit cours d’histoire helvétique en lui expliquant que treize étoiles sur un champ blanc et rouge, représentaient treize disains (districts) qui figurent sur le drapeau de la république et canton du Valais. De même que la confédération compte 26 cantons, le Valais est composé de treize districts:  quatre de langue allemande, quatre de langue française, cinq mixtes. 
Un peu pompette il nous fit rire en affirmant qu’il était lui aussi un peu mixte. 

 
 
4- La passation du relais 

 
 
La propriété de Dordogne était désormais entre les bonnes mains de Marie, Joseph et leurs enfants. Ils furent choisis pour devenir intendants du domaine périgourdin pour succéder aux anciens qui avaient préférer se retirer suite aux disparitions mystérieuses des produits de la ferme .
Etienne lui, restait seul avec Isidore en Suisse. Quelques jours avant de partir, je lui donnais un cours de cirage de pompes.
Avant de partir, pendant qu’Isidore lisait les nouvelles au soleil valaisan, nous avions posé sur une table à l’extérieur, une feuille de journal avec les différentes brosses et les cirages afférents. 
Munis de tabliers noirs, nos manches relevées, j’expliquais, la juste méthodologie, passer une éponge humide, appliquer, les cirages, brosser, puis lustrer avec un pulvérisateur d’eau distillée. 
Un ancien pull angora de chez Charvet était le tissus idéal 
pour la touche finale. Tout se recycle disait Isidore ! Même un peu mité mais c’était tout de même un recyclage de luxe ...
Le lendemain notre fidèle et ancienne gouvernante Mélanie m’assistait pour l’instruire notre promu à la lessive des lainages délicats, suivie d’une initiation au repassage pattemouille, ainsi que la préparation des bagages dans les règles de l’art.
5- Le dernier cours 
Après son malaise nocturne, succédant notre diner chez la baronne du château d’en face, monsieur Isidore avait pris conscience de sa vulnérabilité. Je redoublais de vigilance ayant vécu de près la mort accidentelle d’un octogénaire, qui s’était pris les pieds dans le fil du téléphone en pleine nuit. Depuis quelques temps, lorsque j’entrais le réveiller le matin, il me regardait étrangement comme s’il s’étonnait d’être toujours parmi nous, moi, j’étais content d’entendre son petit mot du matin : ah ...c’est toi ? Lors de sa toilette matinale, il me laissait faire de plus en plus.
Le massage de son visage avec une solution d’huile d’argan extra pure mélangée à de l’huile de pépins de cactus, permettait un moment d’échange privilégié. Je déléguais ces soins pour un temps à Étienne. Cette mixture rendait son visage plus détendu, surtout plus rayonnant. 
Je sentais qu’il avait besoin de mettre en ordre au plus tôt les (ses) affaires urgentes avant son voyage vers l’orient éternel. Je communiquais avec lui comme au tout début de mon entrée à son service, avec grand respect et toujours immensément d’empathie . Je sentais qu’iI avait urgence à terminer l’essentiel, mais comment sélectionner l’essentiel ? Certes on ne connait jamais ni le jour ni l’heure, mais pour l’instant, il était entre les mains d’Étienne qui veillait sur son monsieur à lui exclusivement. 
J'avais partagé avec Etienne mon expérience de vieux de la vieille,  je lui avais parlé de mes rendez-vous avec la mort, j’avais évoqué avec lui le : “quoi faire”, et notre terrible devoir si nous nous trouvions face à cette échéance. Le dernier soir précédent mon départ vers la résidence parisienne de mon monsieur, nous restâmes à diner au chalet .
J’avais endossé mon tablier de cuisinier de gala. Entièrement noir, la bavette portait l’inscription et le sigle en lettres d’or : Patek Philippe horloger à Genève, plus chic que cela ne pouvait exister. Lors de réceptions à Paris j’avais à plusieurs reprises porté ce tablier plus chic que chic.  Un invité m’avait un jour demandé si j’avais été horloger avant de servir Isidore...J’avais répondu que j’avais toujours travaillé dans l’exactitude...
Pour ce dernier diner pris en commun, j’avais acheté trois côtes de veau de lait de trois cent grammes. Je les cuisinais avec des morilles et de la double crème fraiche de gruyère, accompagnées de spätzles maison. J’en partageais une avec Isidore; fidèle à sa fourchette, Etienne se chargeât de consommer les deux autres.
Je quittais Crans avoir petit-déjeuné au salon de thé de Nicolas Taillens avenue de la gare. Pour quitter Crans, j’avais décidé d’emprunter le funiculaire jusqu’à la gare CCF de Sierre. Je m’étais installé au bas de la cabine. Un immense écran s’affichait en face de moi sur lequel défilait un panorama de cent quatre vingt degré. Le temps était clair et dégagé, je découvrais la vallée du rhône de Martigny à Brigues ainsi que les plus hauts sommets des Alpes. Auprès de moi un collégien énuméra les noms de tous les sommets, vous savez me dit-il, je les aperçois tous les matins,  je suis un vrai Valaisan. 
6- Le réaménagement de la maison familiale.
À mon retour à Paris, ma semaine fut une semaine exceptionnelle, particulièrement enrichissante. Dans la carrière d’un majordome ce genre d’événement ne se produit jamais.  J’avoue que je maîtrisais la maison, le volume, l’espace, j’appliquais mon bon sens, je m’adaptais á ces circonstances bien particulières: un  immense et superbe chantier m’attendait mais, je vous raconterai une prochaine fois. Vous étiez dernièrement plus de 16 000 à être venu visiter mon site, merci 16 000 fois à vous .:

 
 
JE VOUS RETROUVE AVEC PLAISIR, DANS QUELQUES SEMAINES AVEC UN AUTRE ÉPISODE DE MA VIE AU SERVICE DE: « MON MONSIEUR »

The mystery Butler | Jules mountbrion

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