Résumé de la fin de l'épisode précédent.

De l’autre main, ils remettaient une toute petite petite serviette éponge parfumée à l’eau de fleur d’oranger. Les entrées servies, on passait à table.

Le plat principal était un gigot de sept heures, servi avec cinq petits légumes, des farcis provençaux et d’une galette de pommes de terre.

Le tout, était escorté d’un château Pavie du domaine Perse. Exceptionnellement nous avions servi en avance (avant le passer à table) le Château Pavie dans un grand verre à crus de Bordeaux en forme de tulipe. Le verre d’eau était également pré-rempli.

IL y eut une repasse sur plat, vite-fait bien-fait, puis, on se leva pour prendre un café gourmand mais, un peu plus gourmand que de coutume sur des « manges-debout »

Episode 24

1- On ne change pas une équipe qui gagne.

 

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas sauf à la résidence de mon monsieur.

La deuxième journée fut tout aussi parfaite (selon Jules) que la première.

Le déjeuner débutait avec des goujonnettes de soles à la sauce tartare.

Les goujonnettes se mangeaient avec les doigts.

Nous passions et repassions entre les invités. Comme hier, nous présentions simultanément une petite serviette rince-doigts tiède humectée de citron verveine. Les plats en argent massif étaient signés Juste Aurèlle Meissonnier grand orfèvre du début du XVIII éme siècle. Notre prestation avait très très fière allure, Etienne rayonnait.

L’escorte de l’entrée était un vin blanc Basque.

 

Nous avions ramené de nos vacances pascales, dans le pays Basque des vins d’Irouleguy.

Au cours de ce deuxième déjeuner nous servîmes avec l’entrée un Irouleguy (de chez Brana) blanc exceptionnel.

C’était un cru intense & fruité avec une puissance aromatique rare.

Le mariage était heureux et sublimait les participants.

Le plat central était un filet de bœuf Wellington en croute accompagné d’une sauce périgourdine aux truffes. La garniture était une farandole de légumes de saison en ratatouille, flan de courgette, caviar d’aubergine enrubanné, et d’une pomme duchesse. Le vin accompagnant la viande était à la hauteur. C’était un Irugeliko arnoa: (un irouleguy) un rouge Basque du domaine de Brana.

 

Pendant le déjeuner le silence régnait, la parole se circulait plus, on percevait à peine le cliquetis des couverts. C’était délicieux.

J’avais pris l’initiative de faire charger la voiture à trancher et nous évoluions avec cette splendide pièce d’orfèvrerie d’Odiot autour de la table.

Le piétement de cette belle voiture était en bois de chêne sculpté. L’entrelacs qui réunissait et unissait les pieds épousait le métal d’argent où figurait des espèces de cariatides en argent massif toutes différentes avec des visages de femmes d’anciennes colonies françaises.

Sans faire de bruits, on desservait les assiettes, et on changeait les services à chaque fois.

 

2-La repasse.

 

Le chef et moi dressions et posions l’assiette chaude garnie, Etienne veillait au remplissage des verres. Je crois que j’avais eu une très très mauvaise idée en les soignant un peu trop; il s’agissait d’un déjeuner de travail.

Les participants étaient un peu ‘’pompette’’ et somnolaient un petit peu.

Le café gourmand était escorté de minis éclairs, garnis par 5 sortes de crèmes à la vanille, au café, au caramel, au chocolat, à la pistache verte.

La fin de mi-temps était fastidieuse, si je peux m’exprimer ainsi.

Ce jour-là, la séance de travail se termina vers 18.00. L’essentiel des sujets ayant été abordés et traités, la journée du lendemain serait, semble-il moins longue.

 

3-Le coup de barre de mon monsieur.

 

À la fin de la la séance, monsieur Isidore était tout livide, il semblait épuisé.

bégayant, je n’arrivais pas à le comprendre.

On laissa les inviter quitter la résidence tranquillement pour ne pas attirer les soupçons d’une faiblesse subite .

Etienne et moi laissions Josette : la Basco-béarnaise prendre en main la fin des opérations, pendant qu’Etienne et moi raccompagnons notre patron dans sa chambre. On lui ôta ses chaussure puis, on le déshabilla avec tendresse et douceur. Il se laissa faire comme un nouveau né.

Son fils, était inquiet mais me laissa faire et s’éclipsa. Aprés tout j’étais un très intime de son père. Je laissais Isidore se reposer quelques instants.

Pendant sa petite sieste, je fis couler un bain parfumé aux huiles essentielle.

Ce n’était pas la première fois qu’Isidore avait un coup de pompe.

Toutes les fois que cela se produisait, je craignais de le perdre.

Ayant affronté les coups faiblesse fréquents de M. Isidore, j’avais demandé et obtenu une table à massage professionnelle. Je m’étais constitué une pharmacie de différentes crèmes, toutes plus efficaces les unes que les autres. C’était la première fois qu’Etienne conjuguait ses talents aux miens pour redonner des forces à notre boss adoré.

Monsieur ayant retrouvé ses forces, nous regarda avec un sourire malicieux

et nous dédia cette merveilleuse citation de Colette: « l’enfance est un pays que l’on ne quitte jamais » il est vrai que je cultivait se côté grand enfant; Etienne, lui était un grand enfant tout comme moi.

Etienne descendit commander une soupe de légumes à Josette, ainsi que deux oeufs en meurette aux pétales de truffes du Périgord.

C’était la première fois qu’Etienne participait à cette approche intime, l’enfant était devenu adulte et un bon masseur.

Je crois que ce jour là, il comprit que pour être un excellent majordome il fallait aimer l’autre, il fallait savoir partager les meilleurs et les pires moments au service d’une famille. Il fallait s’adapter à toutes les circonstances

 

 

4- Un respect réciproque.

 

Le fonctionnement de la résidence continuait :show must go on ...

Ce fonctionnement auprès de mon employeur était exceptionnel ; les autres jeunes majordomes rencontrent très très rarement cette proximité.

Les majordomes séniors, celles et ceux qui sont depuis de nombreuses années

au service d’une famille peuvent vivre une complicité loyale et affective comme l’expérience que je partage avec vous.

Lorsque l’on vit une expérience aussi intense que la mienne, on n’en ressort pas intact. Je m’investissais parce qu’il y avait un humain en face de moi, un homme bon, un homme juste, et je m’investirais jusqu’au bout.

Dans d’autres chapitres je partagerais des situations moins heureuses, au service de famille dont ma collaboration était strictement professionnelle.

Je n’avais aucune apathie pour mes employeurs, je servais, je faisais mon job

convenablement sans état d’âme . J’avais un poste, je recevais un salaire, c’était un contrat de travail .

Au service de monsieur Isidore il y avait un contrat Humain réciproque, j’avais transmis ma philosophie à Etienne, Etienne mon cher Etienne .

 

 

 

5-Une arrivée surprise et surprenante.

 

Au moment des œufs en meurette nous eûmes la surprise de voir arriver et d’accueillir Francois-Isidore le petit fils de monsieur Isidore.

 

Et là ...je vous garde l’arrivée de l’héritier pour un autre chapitre ...

The mystery Butler | Jules mountbrion

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