Episode 10

Résumé du chapitre précédent .

Le soir de notre arrivée il faisait très froid malgré la flambée de la femme de chambre, trop froid pourtant,  nous nous y installions ce soir là après un avoir dîné au restaurant leThaï.

Il neigea toute la nuit et les jours suivants.

J'alimentais les cheminées sans cesse mais il faisait froid un froid sec mais froid .?

Nous avions beaucoup de difficulté à maintenir une chaleur constante ........

Monsieur faisait grise-mine,  à son âge il ne ne pouvait pas s'habiller comme un spationaute pour ne pas souffrir du froid.

Après notre déjeuner pris à nouveau au restaurant le Thaï, on s'arrêta à l'hôtel "le pas de l'ours" appartenant à la famille de Severine Bestenheider .

C'est un relais et châteaux confortable familial, monsieur connaissait bien la famille propriétaire il négocia "la suite polaire" en 1/2 pension, je ne connaissait pas les conditions mais on s'installa aussitôt.

Je retournais avec un chasseur de l'hotel au chalet récupérer nos affaires et bagages.

 

 

...Installés comme des princes je partageais la suite avec mon employeur.

Le personnel Suisse trouva ce partage original. 

Monsieur utilisa un stratagème pour clarifier la situation. 

Un matin à la réception il demanda : mon fils est-il encore dans sa  suite? 

Pour statuer notre nouvelle situation je l'appelais : Père .

 

 

 

Nous étions conscients de déstabiliser l'équipe de cuisine de la rendre un peu folle en lui imposant nos goûts et envies du moment, nous voulions quelques fois déjeuner ou dîner avec des plats simples, avec une cuisine familiale.

De temps en temps nous prenions le petit-déjeuner et ou le thé chez Nicolas Taillens boulanger pâtissier à Montana non loin de la patinoire et du casino. 

 

Depuis quelques semaines notre notre alimentation était hélas devenue un peu trop riche; notre "vie de coq en pâte" n'était pas adaptée du tout à nos activités ou l'inverse.

Nous abusions exagérément de vins valaisans et vaudois, fondues, raclettes, et vraiment de trop de gastronomie locale.

On "visitait" tous les restaurants étoilés de Zermatt au bas-Valais via Sierre et Sion, avec une affection particulière pour le restaurant doublement étoilé au Michelin de l'hôtel terminus à Sierre dirigé par Didier de Courten & sa famille.
https://www.hotel-terminus.ch/fr/restaurant/restaurant-gastronomique

 

Didier de Courten nous disait que  «Manger est un acte essentiel & vital. 

Faire à manger est donc un geste d'amour » alors nous nous privions pas d'amour. 

Ce jour là après le déjeuner, nous décidâmes de retourner à Crans-Montana avec le funiculaire.

De Sierre à Bluche on découvrait presque tous les sommets des alpes, entourant cette sublime vallée valaisanne avec une vue panoramique s'étalant de Martigny  à Brigue.

Arrivés au terminus mon monsieur eut beaucoup de difficulté à gravir les dernières marches pour accéder à notre voiture. 

Je sollicitais l'aide du personnel de l'hôtel pour m'aider à transporter mon monsieur dans notre suite. 

Un potage cultivateur suivi d'une tisane puis, je le couchais en veillant à son bien être toute la nuit.

Le lendemain matin je fis venir un médecin recommandé par le concierge de l'hôtel .

Le dr Patrick Regamey "retapa" mon monsieur efficacement en quelques jours. Mais nous décidâmes d'écourter notre séjour et de rentrer à Paris via Sion en avion-taxis.

L'avion atterrit au Bourget en zone d'aviation d'affaire. Sur le chemin de la résidence je faisais quelques courses pour la maison, je  m'apprêtais à reprendre mes activités de majordome résidentiel habituelles sauf que la nuit de notre retour le vent souffla si fort qu'il abattit plusieurs arbres dans la propriété endommageant la toiture, les faîtages, arrachant les yeux de bœuf et quelques fenêtres mal refermées.

Une partie de cette terrible nuit, équipé d'une lampe torche j'essayais d'identifier les origines des bruits, de fermer fenêtres, volets 

et les portes par lesquelles le vent s'engouffrait dans la vielle bâtisse, monsieur dormait paisiblement alors que le ciel nous tombait sur la tête.

 

Au réveil m'était impossible d'occulter ce spectacle apocalyptique à monsieur ces aléas de la vie altérèrent son mental, j'avais remarqué que  depuis son petit malaise en Suisse, il me sollicitait davantage. 

Avec l'affection d'un fils je m'adaptais aux circonstances, je restais présent et disponible bien que très fatigué.

Je rendais compte au fils des dégâts de la tempête sur le bien familial, et de l'était de santé de son père.

Il fut décidé une hospitalisation avec une surveillance médicale de huit jours  à l'hôpital américain de Neuilly s/seine.

Le fils vint voir son père, puis me prenant à part, il partagea avec moi ses incertitudes et ses craintes; il traversait une période de remise  en question sur sa vie de couple et sur ses relations avec ses enfants.

Il me demanda s'il pourrait toujours compter sur ma loyauté et sur ma fidélité, je n'avais pas l'intention de quitter le navire.

Je décidais de rien partager avec son père

Cette situation était nouvelle pour moi : une vie était chancelante : l'autre était 

déstabilisée ou en voie de l'être, pour couronner le tout le mauvais temps s'était invité sans crier gare ! 

 

Le lendemain, j'accompagnais monsieur à l'hôpital américain avec les résultats des analyses & examens médicaux effectués à Crans-Montana par le médecin valaisan.

Je l'aidais à enfiler son beau pyjamas zimmerli,  je pris congé. 

Notre séparation fût difficile, je lui souriais en disant que ce n'était pas les adieux de Fontainebleau, je ne partais pas en exil, je viendrais tous les jours lui rendre visite.

Ces circonstances de la vie, les blessures sentimentales, les conflits familiaux plus les intempéries tous ces éléments réunis étaient beaucoup pour un majordome quinquagénaire.

Mes parents, ma famille, la vie, les expériences, m'avaient forgé dans un acier damassé, de la pierre brute surgissait une pierre aux formes plus régulières.

Cette intense période, ces épreuves allaient contribuer à construire autour de moi une sorte du bouclier thermique résistant à toutes températures .

Allais-je relever ces défis de la vie, et faire face à ces aléas non enseignés à l'école hôtelière ? 

Seul à la résidence je préparais ce soir-là mon plan de bataille.

The mystery Butler | Jules mountbrion

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