Episode 05

Souvent, je consultais  dans le bureau-bibliothèque ces  beaux ouvrages plusieurs fois centenaire en compagnie de Monsieur qui m'expliquait leur histoire.

Ceux qui avaient souffert du temps étaient envoyés chez une relieuse "es restauration" fille de Max-Roger Gueguen.

 

 

Petit â petit je maîtrisais l'ensemble de la maison et son fabuleux trésor contenu dans les armoires, commodes, coffres, placards et débarras.

Les parasites n'avaient qu'à bien se tenir j'étais à l'affût !

En feuilletant plusieurs livres du XIX éme j'eu la surprise de découvrir des plis anciens, des documents oubliés ou dissimulés dont plusieurs timbres rarissimes sur pli, la fameuse colombe de Bāles ainsi qu'une une paire de 1 fr vermillion, et des ballons montés datant du siège de Paris.

 

C'était fréquent de découvrir  entre les pages des courriers historiques des lettres-autographes oubliées de grande valeur qui avaient échappés à l'inventaire ce qui permit à mon monsieur d'acquérir une belle voiture de fonction sans éveiller les soupçons du fils. 

 

 

Par la suite grâce à nos nombreuses trouvailles dissimulées l'argent ainsi récolté alimenta la cagnotte secrète de mon monsieur. 

 

Toutes les semaines au volant d'une Lexus hybride  nous allions au Bon Marché rue de Sèvres faire les courses pour garnir les réfrigérateurs et remplir nos estomacs, monsieur aimait s'habiller dans ce merveilleux magasin rive-gauche.

 

Monsieur m'assistait en cuisine...que l'on avait surnommée la popotte.

Il devint mon 1er commis de cuisine  puis mon chef de partie préféré.

Il adorait élaborer les sauces au beurre, déglacer les plats faire  des réductions de jus ; il excellait dans la préparation des œufs en meurette et les œufs pochés bénédictine.

 

L'hiver nous prenions tous nos repas dans la vielle cuisine dont le fourneau â bois diffusait une douce chaleur sèche.

À la belle saison nous déjeunions dans le jardin d'été auprès des orangers.

Lors des réunions familiales on allumait la cheminée, le tourne broche se balançait comme un coucou Suisse et tournait régulièrement son gigot de pré-salé ou un poulet de ferme bien dodu élevé exclusivement au maïs â la ferme périgourdine de la famille.

Dans les cendres chaudes, enveloppées dans un papier aluminium les pommes de terres se confisaient tranquillement.

Nous cuisinions quelques fois un gratin dauphinois dont on avait modifié la recette en y incorporant des blancs de poireaux émincés entre les couches de pommes de terre .

 

J'étais très fier de veiller et de partager la vie de ce Monsieur

distingué profondément humain. Il existait un échange harmonieux 

et un respect identique comme un  général et son officier d'ordonnance.

Ma présence l'obligeait à ne pas se laisser aller, à combattre le temps, 

à rester actif et conscient de l'instant, de maîtriser ses envie et besoins de toutes nature.

Nous avions rencontré le Docteur Henry Puget qui prescrivait régulièrement des compléments alimentaires dont les cocktails et compositions ont permis à  M.M. d'atteindre les nonante cinq ans allègrement en excellente forme.

Je vous retrouve avec plaisir, dans deux semaines pour un autre épisode de la vie de mon monsieur.

The mystery Butler | Jules mountbrion

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